KINSHASA-BRUXELLES : DE CROO SUGGÈRE LA DIPLOMATIE DE LA RUPTURE

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Alors qu'à New York, l'audience de Charles Michel auprès du Président Kabila avait auguré des rapports plus responsables entre la Belgique et la RDC, le VPM belge à la coopération au développement vient, comme Karel de Gucht en son temps, de biffer les mentions inutiles en déclarant que la RDC n'est pas un État. Or il est impossible d'entretenir une coopération avec un non État… Une duplicité suspecte de langage qui implique une clarification.

L'on avait cru qu’avec l'entretien de New York entre le Président Joseph Kabila Kabange et le Premier ministre belge Charles Michel, les relations entre Kinshasa et Bruxelles allaient revenir aux bons sentiments après le froid dû au rôle négatif joué jusque là par la Belgique dans la situation sécuritaire et politique en RDC par rapport aux perspectives électorales. La Belgique, à travers particulièrement son Vice premier ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, était allée trop loin aussi bien dans des propos diplomatiquement d'une autre époque que dans des initiatives politiques qui n'ont contribué qu'à envenimer la situation en RDC en éloignant les protagonistes les uns des autres et en radicalisant des positions dans des logiques beaucoup plus conflictuelles qu'apaisantes. L'entretien de New York, qui avait duré plus de trois quarts d'heures et qui était intervenu après plusieurs initiatives diplomatiques de Kinshasa vers Bruxelles, passait ainsi pour une occasion de clarification afin de ramener les rapports dans les canaux diplomatiques civilisés.

Mais c'était sans compter avec cette autre Belgique à la nostalgie indécrottable et encline à un certain paternalisme plutôt pernicieux. On avait cru que cette Belgique là était révolue avec l'épisode regrettable de Karel de Gucht qui avait amené Kinshasa à rompre les relations diplomatiques pendant plus ou moins une année, mais c'était sans compter avec ces nostalgiques à l'instar du Vice-Premier ministre belge de la coopération au développement, Alexander De Croo, dont les dernières déclarations sur le médias néerlandais en ligne MO.be viennent tout remettre en cause.

 

La pente de la rupture

Pour l'essentiel on peut retenir qu'en fait, et au-delà de ses propos à la limite de l'insulte à tout un État qu'est la RDC et ses dirigeants à commencer par le Président Kabila, De Croo allègue l'inutilité de la poursuite des relations entre Kinshasa et Bruxelles. En effet, lorsqu'il déclare que la RDC n'est pas un État, l'on peut légitimement se demander avec qui Bruxelles traite et pourquoi. L'on peut aussi se demander à quoi aura servi l'audience que Charles Michel avait obtenue auprès du Chef de l'État congolais à New York.

A la limite l'on peut dire que Kinshasa est victime de cette anarchie  (Emmanuel Macron parlerait de « bordel ») qui a toujours caractérisé la gouvernance diplomatique belge à vitesses et aux positions géométriquement variables. Le Gouvernement belge paraît divisé en des factions qui font chacune une lecture intéressée de la situation en RDC sans tenir aucun compte des constantes constitutionnelles dont personne à Bruxelles ne semble avoir cure.

Plus encore, et au-delà de cette anarchie interne dont Kinshasa serait victime, l'on assisterait à une sorte de double langage de Bruxelles qui dit une chose et son contraire dans une complicité des deux camps. Une duplicité de langage qui, loin de faire avancer les choses, ne fait qu'énerver les eus diplomatiques et compliquer la nécessaire harmonie qui peut permettre une meilleure prise en charge des choses en toute sincérité et dans le respect mutuel comme l'a toujours exigé le Président congolais.

Les déclarations de De Croo sont d'une telle gravité que Kinshasa pourrait légitimement reconsidérer ses rapports diplomatiques afin de se mettre à l'abri de toute surprise. Puisque Bruxelles se montre aussi sournois qu'imprévisible, il y a bien lieu, finalement, de demander une clarification avant d'envisager toute poursuite des relations.

 

De Croo ignore la vraie situation sécuritaire aux Kasaï

En attendant, contrairement à ce que soutient une certaine opinion relayée par Bruxelles, la lecture de la situation politique en RDC ne doit pas se faire en fonction de l'accord du 31 décembre 2016 pour ce qui est de la situation du Président en fonction. En effet, loin de lui avoir accordé une rallonge au sommet de l'État, cet accord n'a fait que reconnaître et réaffirmer les prescrits de la Constitution en son article 70.2 qui stipule que le Président en fonction reste en place jusqu'à l'installation effective du nouveau Président élu. Et pour y parvenir, le même accord prévoit une période préélectorale et électorale ainsi que des moments d'évaluation du processus avec possibilité de réaménagement de cette période.

Par ailleurs, le forcing observé sur la CENI pour la publication d'un calendrier électoral n'a de justification que ces ambitions suspectes d'accession au pouvoir qu'éprouvent certains congolais avec l'appui de certains lobbies politico affairistes occidentaux aux intentions obscures. En effet, alors que l'accord politique est claire sur la marche à suivre vers les élections, l'on ne peut pas expliquer autrement ces pressions lorsqu'on sait que techniquement, et sauf démagogie dangereuse, aucune instance électorale au monde ne peut se risquer un tel exercice sans disposer au préalable d'un fichier électoral qui, seul dans sa configuration, permet de s'engager dans le schéma critique et fixer ainsi les éléments d'une cartographie électorale pour faire la répartition des sièges.

Dès le départ, et à sa demande expresse, la CENI avait soulevé un certain nombre de contraintes dont le relèvement dépendait des options politiques qui nécessitaient des concertations ad hoc. Et c'est ce qui fut fait à la cité de l'UA puis autour de la Cenco sur l'initiative personnelle du Président de la République.

Entre-temps, et avec l'appui financier et logistique du Gouvernement et de la Monusco, la CENI poursuit l'enrôlement des électeurs qui a été sérieusement retardé par la situation sécuritaire dans l'espace Kasaïen. Mais Bruxelles n'en a manifestement cure, du moins à en croire De Croo qui a étalé sa méconnaissance de cette situation en parlant de neuf provinces touchées au lieu de 5 pratiquement.

Pour toutes ces évidences, il est clair que Bruxelles ne milite nullement pour des relations diplomatiques dignes de ce nom et mutuellement avantageuses. Kinshasa a fait de son mieux pour rétablir les équilibres acceptables pour préserver sa dignité, mais comme le tango qui se danse à deux, aucun rapport bilatéral ne peut survivre dans l'unilatéralité. Même de Bruxelles, des diplomates belges ayant été en poste à Kinshasa déplorent régulièrement le genre des comportements de De Croo qui, disent-ils, déteint inutilement sur toute la diplomatie belge pendant que d'autres partenaires regardent tout en se demandant qui sera la prochaine victime après la RDC…

 

PDM

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